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Politique québécoise

Vive la diversité unanime

J’aime les diversités sous toutes leurs formes. Malheureusement, une semble beaucoup moins populaire: la diversité d’opinions.

Le Géant · 27 août 2026 · 2 min

La Presse nous apprend qu’un candidat du Parti conservateur du Québec, Frédéric Poulin, s’est déjà déclaré favorable « à 125 % » à l’annexion du Canada par les États-Unis. Interrogé à ce sujet, Éric Duhaime a répondu:

 Je ne peux pas commenter quelque chose que je n’ai pas vu

Selon le journaliste, M. Duhaime aurait ainsi « évité de critiquer » son candidat.

Comme dirait Cyrano, « Ah ! non ! C’est un peu court… »

Cynique, Il attend que passe l’orage, Puis changera de verbiage.

Prudent, Il veut d’abord tout consulter, Avant de vite condamner.

Responsable, Il laisse au comité le soin, De voir le vrai, de voir plus loin.

Lâche, Il fait trancher par son parti, Pour n’être jamais compromis.

Fidèle, Il garde son homme au combat, Et ne l’abandonnera pas.

Courageux, Il brave un verdict trop pressé, Et veut les faits pour mieux juger.

Opportuniste, Il attend d’abord les sondages, Puis choisira son personnage.

Soumis, Il sert son maître à Washington, Et rêve déjà d’annexion.

Honnête, Il n’a simplement rien vu, Et ne juge pas l’inconnu.

Cette dernière possibilité manque évidemment de panache. Pourtant, autrefois on appelait cela de la prudence. Aujourd’hui, on appelle plutôt cela « éviter de critiquer ».

Mais la vraie question n’est peut-être pas de savoir pourquoi Éric Duhaime n’a pas immédiatement dénoncé son candidat.

Puisqu’un candidat à une élection affirme y être favorable, ne devrait-on pas lui demander pourquoi? Voilà qui pourrait donner lieu à un débat. Peut-être que ses réponses nous surprendraient.

Après tout, Platon décrivait déjà la Terre comme une sphère. Deux mille ans plus tard, le débat se poursuit sur Internet. Il faut admirer notre ouverture d’esprit : même les idées qui ont fait le tour du monde peuvent toujours revenir à leur point de départ.

Une idée solide peut survivre aux questions. Une idée fragile va se fissurer. Une idée complètement ridicule s’effondrera toute seule dès qu’on lui demandera de préciser ce qu’elle veut dire.

Écouter une idée n’est pas l’approuver. La débattre n’est pas la normaliser. Poser une question n’est pas capituler.

Est-ce qu’une saine démocratie devrait avoir peur des nouvelles idées? Ou devrait-elle avoir hâte de les entendre s’expliquer?

On aime la diversité. À condition qu’elle soit unanime.

Le Géant
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