Comment fait-on un débat de société?
Le référendum pourrait dominer la prochaine élection québécoise. Mais avant de décider de quoi nous devons débattre, encore faudrait-il savoir comment.
Dans La Presse, Stéphanie Grammond écrit que le référendum risque de devenir la grande question de l’élection québécoise, même si les électeurs semblent beaucoup plus préoccupés par le coût de la vie, la santé ou le logement. Elle souhaite donc que la campagne soit l’occasion d’un « débat de société beaucoup plus large ».
Bonne idée.
Avant, ça semblait relativement simple. On mettait des gens qui n’étaient pas d’accord autour d’une table et on attendait. Avec un peu de chance, quelqu’un finissait par dire quelque chose d’intéressant.
Aujourd’hui, peut-être que le débat de société fonctionne plutôt comme le sport. On choisit une équipe. On laisse nos représentants se battre à notre place. Puis on regarde le match en espérant que notre camp « gagne le débat ».
Mais personne ne regarde les Canadiens en se demandant, après deux périodes, s’il ne devrait pas finalement devenir partisan de Boston.
Peut-être que TikTok est notre nouvelle place publique. Tout le monde peut y participer. Il faut seulement réussir à expliquer l’avenir de l’État-providence en moins de 45 secondes.
Et maintenant, nous avons l’intelligence artificielle. C’est encore plus pratique. Plus besoin de débattre avec quelqu’un qui n’est pas d’accord avec nous. Nous pouvons demander à une machine de nous expliquer pourquoi nous avions raison depuis le début.
Quelque chose doit m’échapper.
Peut-être qu’un débat de société devrait finir par une décision. Sinon, c’est une émission de variétés. Même à Occupation Double, il y a plus de décisions.
C’est ce que font les Suisses, mais ils n’ont manifestement rien compris au référendum. Ils en organisent plusieurs par année depuis plus d’un siècle et le pays existe encore.
Au Québec, nous avons trouvé une méthode plus sécuritaire. On en organise un tous les trente ans. Et on passe les trente années suivantes à en débattre.